En bref

Trois chansons de Noël se jouent au ukulélé avec les mêmes trois accords : Do, Fa et Sol7. Do ne demande qu’un seul doigt. L’article donne aussi la tablature de la première phrase de chaque mélodie.

  • Vive le vent : trois accords, mélodie sur deux cordes
  • Mon beau sapin : une valse à trois temps, un coup par temps
  • Douce nuit : la mélodie tient sur une seule corde
  • Pourquoi les tablatures sont ici : les trois airs sont libres de droits

Ce sujet fait partie de notre méthode pour débuter le ukulélé.

Le ukulélé est l’un des instruments où l’on tient un premier morceau le plus vite, et Noël est un bon moment pour s’en rendre compte. Quatre cordes, trois accords, et des mélodies que tout le monde reconnaît dès la première note. Voici comment je les fais travailler, dans l’ordre.

Les trois accords, et pourquoi ils tombent bien

Do et Fa font partie des tout premiers accords qu’on apprend au ukulélé. Sol septième est la seule nouveauté des trois : c’est une variante du Sol, qu’on rencontre un peu après.

Diagramme de l'accord Do majeur (C) au ukulélé : annulaire sur la 3e case de la corde A, les trois autres cordes à vide Diagramme de l'accord Fa majeur (F) au ukulélé : index sur la 1re case de la corde E et majeur sur la 2e case de la corde G, cordes C et A à vide Diagramme de l'accord Sol septième (G7) au ukulélé : index 1re case corde E, majeur 2e case corde C, annulaire 2e case corde A, corde G à vide
Les trois accords des chansons de Noël au ukulélé (cordes G-C-E-A) : C, F et G7. Les chiffres indiquent le doigt à utiliser — 1 = index, 2 = majeur, 3 = annulaire.

Do (C) ne demande qu’un doigt, l’annulaire sur la troisième case de la corde A. C’est l’un des accords les plus simples de l’instrument, et c’est sur lui que reposent les trois morceaux.

Fa (F) en demande deux, le majeur sur la deuxième case de la corde G et l’index sur la première case de la corde E.

Sol septième (G7) en demande trois. C’est le plus difficile des trois, et c’est lui qui crée l’appel vers Do. Si tes doigts se marchent dessus au début, c’est normal.

Un mot sur les tablatures qui suivent, parce que c’est ce qui égare le plus de débutants : elles donnent les notes, pas les durées. Chante l’air dans ta tête pendant que tu joues, c’est lui qui te donnera le rythme.

Si les diagrammes ne te parlent pas encore, commence par lire un diagramme d’accord de ukulélé. Et si tu veux élargir ensuite, Do et Fa font partie des cinq accords qui ouvrent des centaines de chansons.

Pourquoi tu trouves ici les tablatures, et pas ailleurs

Une remarque qui explique le contenu de cet article. Les trois morceaux retenus sont des airs anciens, tombés dans le domaine public : leur mélodie peut être publiée librement, en tablature comme en partition.

Ce n’est pas le cas des chansons récentes. Publier la mélodie note par note, en partition comme en tablature, suppose l’accord des ayants droit : c’est une reproduction de l’œuvre. Le statut des simples grilles d’accords est plus discuté, et beaucoup de sites s’y limitent par prudence. Dans le doute, je m’en tiens aux airs libres.

Une nuance au passage : si les trois mélodies sont libres, les paroles françaises de Vive le vent, attribuées à Francis Blanche en 1948, ne le sont pas. Cet article ne reproduit donc aucune parole, uniquement des notes.

Les trois morceaux en un coup d’œil

MorceauMesureAccordsCorde de départ
Vive le vent4 tempsDo, Fa, Sol7E à vide
Mon beau sapin3 tempsDo, Fa, Sol7E, 3e case
Douce nuit6/8Do, Fa, Sol7E, 3e case

Vive le vent : la plus simple des trois

C’est la mélodie de Jingle Bells, écrite en 1857 par James Lord Pierpont. Elle se compte en quatre temps.

Les accords. Do, Fa et Sol7, et rien d’autre. Commence par jouer uniquement Do pendant toute la première phrase : tu entendras déjà la chanson se mettre en place.

La mélodie. Sa première phrase répète trois fois la même note, ce qui laisse à ta main gauche le temps de se placer. En tablature, les cordes sont notées de la plus aiguë à la plus grave :

A|----------------------------------|
E|-0--0--0--0--0--0--0--3--------0--|
C|-------------------------0--2-----|
G|----------------------------------|

Les sept premières notes sont la corde E jouée à vide, sept fois. Puis la troisième case de la même corde, puis la corde C à vide et sa deuxième case, et retour sur la corde E.

La rythmique. Un motif simple : bas, bas-haut, bas, bas-haut. Le piège est la vitesse : tout le monde a cette chanson en tête à un tempo joyeux et tente de la jouer ainsi dès le premier jour. Travaille-la deux fois plus lentement pendant une semaine.

Mon beau sapin : la valse à trois temps

L’air est allemand, « O Tannenbaum ». Sa mélodie est traditionnelle et antérieure au texte allemand qu’on chante aujourd’hui, écrit par Ernst Anschütz en 1824.

Ce morceau apporte ce que Vive le vent n’a pas : une mesure à trois temps.

La mélodie démarre sur une note avant la première mesure, ce qu’on appelle une anacrouse, et c’est ce qui lui donne son élan :

A|-------------------------|
E|-3--------------0--0--0--|
C|----0--0--0--2-----------|
G|-------------------------|

La rythmique. À trois temps, oublie l’aller-retour : un seul coup vers le bas par temps suffit, et la valse respire toute seule. C’est l’un des rares cas où faire moins sonne mieux. Si tu veux ensuite varier ta main droite, trois patterns de rythmique pour débutant te donneront de quoi faire.

Les accords restent Do, Fa et Sol7.

Douce nuit : tout sur une seule corde

« Stille Nacht » a été composée en 1818 par Franz Xaver Gruber, sur un texte de Joseph Mohr écrit deux ans plus tôt.

La mélodie est celle qui surprend le plus au ukulélé : sa première phrase tient entièrement sur la corde E, et elle se répète à l’identique juste après.

A|-------------|
E|-3--5--3--0--|
C|-------------|
G|-------------|

Quatre notes sur une seule corde. Difficile de faire plus accessible pour une première mélodie.

Attention à la mesure. Douce nuit s’écrit en six-huit : on compte deux grands temps divisés chacun en trois, un-deux-trois, quatre-cinq-six. Un débutant qui compte quatre temps comme dans Vive le vent écrase le balancement de berceuse qui fait toute la chanson. Un seul coup vers le bas sur le un et sur le quatre suffit largement.

Pourquoi la garder pour la fin ? Parce qu’elle est lente, et qu’un tempo lent n’excuse rien. Chaque note est exposée, chaque hésitation s’entend. Un morceau rapide pardonne les petites imperfections, un morceau lent les expose.

Par quoi commencer si tu débutes vraiment ?

Dans cet ordre, et sans sauter d’étape.

Prends d’abord Vive le vent, et uniquement son accord de Do. Gratte en rythme pendant que tu chantonnes la mélodie dans ta tête. Tu entends déjà la chanson, avec un seul doigt posé.

Ajoute Fa le lendemain, puis Sol7. Le changement d’accord se travaille sans gratter : pose les doigts, enlève-les, repose-les, vingt fois de suite. C’est ingrat, et c’est ce qui fait la différence en une semaine.

La tablature de la mélodie vient en dernier, quand les accords passent sans que tu y penses. Si tu pars de zéro, le cours de ukulélé pour débutant couvre tout ce qui précède ces morceaux.

Et Petit Papa Noël ?

C’est la demande qui revient chaque année, et la réponse est la même qu’au piano. Techniquement, elle est à ta portée avec ces trois accords.

Juridiquement, c’est autre chose. La chanson a été écrite en 1946 par Raymond Vincy pour les paroles et Henri Martinet pour la musique. En droit français, une œuvre reste protégée soixante-dix ans après la mort du dernier de ses auteurs, paroles et musique comptées ensemble : elle l’est donc pour longtemps encore.

Ce que ça change concrètement : tu peux l’apprendre et la jouer chez toi ou en famille, le cercle privé étant prévu par le code de la propriété intellectuelle. Ce que personne ne peut faire, c’est diffuser librement sa partition, sa tablature ou ses paroles. D’où les trois morceaux anciens choisis ici.

Et si tu joues déjà un peu

Une fois ces trois morceaux en place, la suite logique est d’élargir le répertoire plutôt que la difficulté. Nos quinze chansons faciles au ukulélé reposent en grande partie sur les mêmes accords, et le passage de l’une à l’autre devient presque immédiat.

C’est le moment où le ukulélé cesse d’être un exercice et devient un instrument : tu ne travailles plus des accords, tu joues des chansons.